Le Saint du mois

Saint Charbel Makhlouf (1827-1898)
Prêtre et moine maronite

  • (Fête le 24 décembre)

Saint Charbel Makhlouf (prénommé Youssef par sa mère) naquit le 8 mai 1828 au Liban, dans le plus haut village maronite de Bika’Kafra, situé à 1800 mètres d’altitude. Dès l’enfance, il se sentit appelé à « porter fruit comme un cèdre noble du Liban ». Charbel « a grandi en âge et sagesse devant Dieu et les hommes ». Berger à l’âge de sept ans, laissant paître son troupeau, il se réfugiait dans une grotte pour prier à l’heure du midi, loin des regards indiscrets. Il suivait aussi les leçons du maître d’école qui se résumaient alors à apprendre à lire, à écrire, à prier et à servir la messe.

À 23 ans, il entra au monastère de Notre-Dame de Mayfouk (au nord de Byblos) où il est devint novice. Ses professeurs lui donnèrent une bonne éducation et lui inculquèrent un profond amour pour la vie monacale. Après deux années de noviciat, en 1853, il fut envoyé au monastère de Saint Maron où il prononça les vœux monacaux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Transféré au monastère de Kfeifan, il y étudia la philosophie et la théologie. Son ordination à la prêtrise par Mgr Joseph Al Madrid eut lieu en 1859, après quoi il fut renvoyé au monastère de Saint Maron où il vécut dix-neuf années.

Charbel remplissait son ministère sacerdotal et ses devoirs monacaux d’une manière édifiante. Il disait à son supérieur : « Donnez-moi, si vous m’en jugez digne, les corvées les plus rudes et les plus humiliantes ». En 1875, il fut autorisé à se retirer en ermite près du monastère, à l’ermitage Saints Pierre et Paul, où il mena pendant vingt-trois années une vie solitaire, dans un abandon total à Dieu. Il avait pour compagnons les Fils de Dieu, comme rencontrés dans les Saintes Écritures et dans l’Eucharistie, et la Mère Bénie. L’Eucharistie devint le centre de sa vie. Cet ermite n’avait pas de place dans le monde, mais le monde avait une grande place dans son cœur. Par la prière et la pénitence, il s’offrait en sacrifice afin que le monde revienne à Dieu.

Saint Charbel fut soudainement atteint de paralysie et dut s’aliter pour la première fois de sa vie. Son agonie dura huit jours : agonie de paix, agonie de saint. « Ȏ Père de vérité, voici Votre Fils, victime pour Vous plaire…» Ses lèvres ne cessèrent de répéter ces paroles de la messe jusqu’au moment où il rendit sa grande âme à Dieu dans la nuit du 24 décembre 1898, vigile de la fête de Noël, à l’âge de soixante-dix ans.

À travers la foi, cet ermite a reçu le Mot de Dieu et à travers l’amour il a continué le mystère de l’Incarnation. Le soir de son enterrement, son supérieur écrivit : « À cause de ce qu’il fera après sa mort, je n’ai pas besoin de parler de sa conduite ». Quelques mois après sa mort une vive lumière fut vue autour de sa tombe. Les Supérieurs le firent ouvrir et y trouvèrent son corps intact. Depuis ce jour un liquide pareil au sang coule de son corps, fait auquel ni les experts ni les médecins ne savent donner d’explication. En 1950 et 1952, sa tombe a été ouverte : son corps avait toujours l’apparence d’un vivant.

À la fermeture du deuxième Concile Vatican II, le 5 décembre 1965, Charbel fut béatifié par le Pape Paul VI, qui déclara : « Un Ermite… de la montagne libanaise est inscrit dans le nombre des bénis… Un nouveau membre éminent de la sainteté monacale enrichit, par son exemple et son intercession, le peuple chrétien tout entier… Qu’il nous fasse comprendre, dans un monde largement fasciné par la richesse et le confort, la valeur primordiale de la pauvreté, la pénitence, et l’ascétisme, pour libérer l’âme dans sa montée à Dieu… »

Et, le 9 octobre 1977, pendant le Synode mondial des évêques, le Pape Paul VI a canonisé le Bienheureux Charbel parmi les rangs des Saints.

Image : Saint Charbel Makhlouf (anonyme).

 

L’essentiel de Saint Charbel Makhlouf :

L’esprit de Charbel vit encore dans beaucoup de gens. Ses miracles incluent de nombreuses guérisons du corps et de l’esprit. Thomas Merton, l’ermite américain écrit dans son journal : « Charbel a vécu comme un ermite au Liban. Il était un Maronite. Il est mort. Tout le monde l’a oublié. Cinquante ans plus tard, son corps a été découvert non corrompu, et en peu de temps, il a accompli plus de six cents miracles. Il est mon nouveau compagnon. Mon chemin a pris un nouveau tournant. Il me semble que j’étais endormi pendant neuf ans… et avant cela j’étais mort. »

Pensée spirituelle à Saint Charbel Makhlouf:

« Le juste croîtra comme le palmier, il s’élèvera comme le Cèdre du Liban. »

(Psaume 92 :13)

 

Courte prière de Saint Charbel Makhlouf :  « Père de Vérité, apercevez Votre Fils un sacrifice plaisait à Vous, acceptez cette offre de Lui qui est mort pour moi… »

Gaëtan de Salvatore-R

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