Saint Jean de Damas
Confesseur et Docteur de l’Église (v. 675 – † v. 749)

Jean Mansour ou Jean de Damas, dit Jean Damascène, naît au sein d’une grande famille arabe chrétienne de Damas, en Syrie, vers 675. Théologien chrétien, défenseur des saintes images et hymnographe renommé, il sera le dernier des Pères grecs et le plus remarquable écrivain du huitième siècle. Son père, Serge Mansour, représentant d’une des plus illustres familles de la ville, était l’intendant général du calife Abdul-Malik (685 – 705) pour les affaires concernant les populations chré­tiennes soumises au tribut (dhimmi).

Jean est initié à la philosophie et à toutes les sciences de son temps par le savant moine Cosmas, originaire d’Italie.

Appelé à une brillante carrière dans l’administration, connaissant parfaitement l’arabe et le grec, il fut choisi par le calife Walîd (705 – 715) pour succéder à son père dans sa haute charge, à la mort de ce dernier. Mais, en 720, le calife suivant décida d’islamiser son administration et chassa Jean avec les autres chrétiens, après lui avoir coupé la main droite, sur accusation de trahison.

Jean renonça alors au monde, distribua sa fortune et, en compagnie de Cosmas, partit pour Jérusalem, afin de devenir moine à la laure de Saint-Sabas en Palestine.

En 717, Léon III l’Isaurien (717 – 741) monta sur le trône de Byzance. Favorable aux iconoclastes, il ne tarda pas à tourmenter l’Église du Christ en s’attaquant à la pieuse vénération des saintes images. Jean fut un des plus ardents défenseurs de la foi orthodoxe.

Sans rien ajouter de nouveau aux dogmes et aux doctrines exprimés par les Pères antérieurs – tels que Grégoire le Théologien, Basile le Grand, Jean Chrysostome, Grégoire de Nysse, Maxime le Confesseur, etc. -, saint Jean de Damas exposa, dans une trilogie intitulée Source de la Connaissance, l’essentiel de la foi chrétienne à l’aide d’expressions d’une densité et d’une clarté si admirables qu’on a pu considérer son œuvre comme le sceau et le couronnement de la grande ère patristique. Son ex­posé de la Foi orthodoxe est la référence la plus sûre pour le chrétien orthodoxe pour tout ce qui concerne le dogme, et constitue un monument exemplaire de la tradition chrétienne. Réfutant les hérésies et montrant la voie royale de la sainte doctrine qui monte vers le Ciel sans se détourner de la droiture chrétienne, Jean s’illustra tout particulièrement dans la lutte contre les iconoclastes. Dans trois longs traités compo­sés entre 726 et 730, il montra la nécessité de la vénération des saintes icônes et des reliques, car elle est une proclamation de la réalité de l’Incarnation du Fils de Dieu et de la déification de notre nature en la personne des saints.

Jean composa aussi de nombreuses hymnes, dont le contenu reprenait les plus pro­fondes spéculations théologiques des Pères de l’Église. Il est l’auteur du canon que nous chantons à Pâques et de la plupart des hymnes de l’Octoèque en l’honneur de la Résurrection du Christ.

Ses multiples travaux n’écourtèrent point sa vie, car il mourut très âgé, vers 749. Il fut proclamé Docteur de l’Église en 1890 par le pape Léon XIII.

 

L’essentiel de Saint Jean de Damas :

Jean fut, en outre, parmi les premiers à distinguer, dans le culte public et privé des chrétiens, l’adoration (latreia) de la vénération (proskynesis) : la première ne peut être adressée qu’à Dieu, suprêmement spirituel, la deuxième au contraire peut utiliser une image pour s’adresser à celui qui est représenté dans l’image même. Bien sûr, le saint ne peut en aucun cas être identifié à la matière qui compose l’icône. Cette distinction se révéla très importante pour répondre de façon chrétienne à ceux qui prétendaient universelle et éternelle l’observance de l’interdit sévère de l’Ancien Testament d’uti-liser des images dans le culte.

Tel était le grand débat également dans le monde islamique, qui accepte cette tradition israélite de l’exclusion totale d’images dans le culte. Les chrétiens, en revanche, dans ce contexte, ont débattu du problème et trouvé la justification pour la vénération des images. Jean de Damas écrit : « En d’autres temps, Dieu n’avait jamais été représenté en image, étant sans corps et sans visage. Mais à présent que Dieu a été vu dans sa chair et a vécu parmi les hommes, je représente ce qui est visible en Dieu. Je ne vénère pas la matière, mais le créateur de la matière, qui s’est fait matière pour moi et a daigné habiter dans la matière et opérer mon salut à travers la matière. Je ne cesserai donc pas de vénérer la matière à travers laquelle m’a été assuré le salut. Mais je ne la vénère absolument pas comme Dieu ! Comment pourrait être Dieu ce qui a reçu l’existence à partir du non-être ?… Mais je vénère et respecte également tout le reste de la matière qui m’a procuré le salut, car pleine d’énergie et de grâces saintes. Le bois de la croix trois fois bénie n’est-il pas matière ? L’encre et le très saint Livre des Evangiles ne sont-ils pas matière ? L’autel salvifique qui nous donne le pain de vie n’est-il pas matière ?… Et, avant tout autre chose, la chair et le sang de mon Seigneur ne sont-ils pas matière ? Ou bien tu dois supprimer le caractère sacré de toutes ces choses, ou bien tu dois accorder à la tradition de l’Église la vénération des images de Dieu et celle des amis de Dieu qui sont sanctifiés par le nom qu’ils portent, et qui, pour cette raison, sont habités par la grâce de l’Esprit Saint. N’offense donc pas la matière : celle-ci n’est pas méprisable; car rien de ce que Dieu a fait n’est méprisable »

(Contra imaginum calumniatores, I, 16, ed. Kotter, pp. 89-90).

 

 

Pensée spirituelle de Saint Jean de Damas :

« Sois mon berger, Seigneur, et sois avec moi le berger de tes brebis. »

 

Courte prière de Saint Jean de Damas :

« Très pure Vierge Marie qui avez enfanté mon Dieu, vous savez pourquoi on m’a coupé la main droite, vous pouvez, s’il vous plaît, me la rendre et la rejoindre à mon bras. Je vous demande avec instance cette grâce pour que je l’emploie désormais à écrire les louanges de votre Fils et les vôtres. » 

 

Gaëtan de Salvatore-R

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Image : Saint Jean de Damas (Icône grecque traditionnelle).