Saint André de Crète (660-740)

Evêque dans l’île de Lesbos

(Fête le 4 juillet)

 André de Crète, également connu sous le nom d’Andrea de Jérusalem, Andrea Gortina ou Andrea le Hymnodist, naquit vers 660 dans une famille arabe chrétienne de Damas. La ville est sous domination musulmane depuis une trentaine d’années. Est-ce cette enfance dans une communauté d’autant plus fervente qu’elle est minoritaire, qui lui donne le goût de l’absolu ? Enfant infirme, André ne pouvait, semble-t-il, pas parler. Cependant, quand il eut atteint sa septième année, la parole lui fut rendue tout de suite après qu’il eut reçu la Sainte Communion. À quinze ans, il entendit l’appel : « Quitte ton pays et la maison de ton père. »

Le voilà à Jérusalem, moine au Saint Sépulcre. Il est ensuite élu à l’archevêché de Gortyne, en Crète, probablement vers 711-712. Pendant son épiscopat, il mena diverses activités pastorales : restauration de la vie monastique, prédication, fondation d’oeuvres philanthropiques de toute nature, implication dans l’éducation des jeunes, construction d’églises, et, enfin, soutien moral à ses ouailles confrontées aux invasions dévastatrices des sarrasins.

C’est aussi pendant son épiscopat que saint André développa ses talents littéraires, poétiques et musicaux, consacrant ainsi à la Gloire de Dieu, d’une manière manifeste, la voix et la parole qui lui avaient été miraculeusement rendues dans son enfance. Et, comme le dit son propre hymnographe, « Rempli de la Sagesse céleste, il a fait resplendir l’univers par ses chants et il a illuminé le monde. Et, à chaque fois, il réjouit les cœurs par une musique mélodieuse, en chantant des hymnes en l’honneur de la Sainte-Trinité, des chœurs des Saints et de la Vierge très pure. »

L’héritage littéraire de saint André, constitué d’homélies et d’hymnes liturgiques, est très riche, mais il n’est pas encore connu dans son intégralité, une partie de son œuvre restant encore inédite. On lui attribue une cinquantaine d’homélies, prononcées à l’occasion des fêtes des Saints, des Martyrs et surtout de la Sainte Vierge. Elles constituent le tiers de son œuvre homilétique et une référence pour les études liées aux traditions sur la vie et la personne de la Théotokos. saint André composa son Grand Canon dans la dernière période de sa vie, comme une sorte de chant du cygne, une confession publique dans un élan de sincérité religieuse absolue. Se basant sur son expérience pastorale, il sonde l’abîme de la décadence morale et existentielle de l’homme qui s’est détourné de Dieu. Les exemples tirés de l’Ancien et du Nouveau Testaments sont très nombreux, ce qui fait que le Grand Canon, en plus de nous inciter à une auto-psychanalyse et de nous exhorter à nous repentir avant que le point de non-retour ne soit atteint, nous invite à faire une lecture évangélique de la parole de Dieu,  car « la Parole de Dieu est vivante, énergique et plus tranchante qu’aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre jusqu’à diviser âme et esprit, articulations et moelles. Elle passe au crible les mouvements et les pensées du cœur. Il n’est pas de créature qui échappe à sa Vue ; tout est nu à ses Yeux, tout est subjugué par son regard. C’est à Lui que nous devons rendre compte.» (Hb 4, 12-13)

Saint André mourut très probablement le 4 juillet 740, dans l’île de Mytilène, sur le chemin de son  retour en Crète d’un voyage qu’il avait effectué à Constantinople pour les affaires de son diocèse.

L’essentiel de saint André de Crète :

Parmi les témoins byzantins de l’Immaculée Conception, saint André de Crète occupe, sinon le premier rang, du moins une place d’honneur, tant par la précision que par la richesse de ses expressions. Sa doctrine peut se résumer en quelques points :

– La conception et la naissance de Mariam/Marie ont été saintes. Elle est fille de Dieu à titre spécial parce qu’elle est fille de la promesse, née d’une mère stérile, et Dieu est intervenu au moment de sa conception. Elle est « une argile divinement façonnée par l’Artiste divin, un ferment saint pénétré de la vie divine ». Elle est la matière parfaitement assortie de la divine Incarnation. Salut, levain saint, pénétré de la divinité, grâce auquel toute masse du genre humain est entré en fermentation.

– Elle est les prémices de l’humanité restaurée et reflète en sa personne la beauté primitive.

– Elle a enfanté le Verbe d’une manière ineffable.

– Sa mort a eu une autre cause que celle des autres hommes. Le Seigneur parut à Mariam/Marie et dit: « Viens, toi que j’ai choisie, perle très précieuse, entre dans le séjour de la vie éternelle ».

 

Pensée spirituelle de saint André de Crète :

« Devenu la proie de mes mauvaises pensées comme d’autant de voleurs, je suis, maintenant, percé de leurs coups et couvert de blessures. Incline-Toi vers moi, Christ Sauveur, et daigne me guérir! »

 

Courte prière de saint André de Crète :

« Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi ! »

 

Gaëtan de Salvatore-R

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