Saint Martin
Pape et martyr (v. 590 – † 655)
(Fête le 13 avril)

Né vers 590 à Todi en Ombrie (Toscane), Martin ou Martinus « reçut du ciel la beauté et un esprit si vif et si pénétrant qu’il surpassa bientôt, soit dans les humanités, soit dans la rhétorique et la philosophie, les maîtres qu’on lui donnait pour l’instruire. » Diacre de l’Église romaine, il fut apocrisiaire de la cour romaine à Constantinople, c’est-à-dire représentant du pape (nonce) Théodore 1er. Il se distingua par ses vertus et son savoir. Il fut appelé par la Providence à témoigner en faveur de la foi en l’existence de deux volontés dans le Christ, l’une divine et l’autre humaine, contre l’enseignement, en faveur à Constantinople, des mono-thélistes (qui ne reconnaissaient qu’une seule volonté dans le Christ).

Ainsi, à cette époque, les rapports entre Rome et Constantinople étaient très affectés par les développements du « monothélisme » et l’hostilité des églises orientales envers le patriarcat de Constantinople, lesquelles exigeaient une parfaite maîtrise des concepts et des rapports de forces en Orient. La doctrine hérétique du monothélisme prétendait qu’il n’y aurait eu dans le Christ qu’une seule volonté, la volonté divine. La Providence fit que cinquante-deux jours après la mort du pape Théodore, Martin fut élu à sa succession (15 juillet 649). Élu par les Romains, il fut le premier pape consacré (5 août 649) sans avoir eu la confirmation de l’Empereur ou de son représentant en Italie, l’exarque de Ravenne, Calliopas, contrairement à la règle en vigueur à l’époque. Martin Ier ne fut donc pas reconnu comme pape par la cour de Constantinople.

À peine élu, Martin Ier dénonça le typos de l’Empereur qui mettait sur le même plan l’erreur et la vérité. Du 5 au 31 octobre 649, il réunit un concile au Latran pour défendre la foi catholique sur les deux volontés divine et humaine du Christ, vrai Dieu (fait homme « Et Homo Factus Est ») et vrai homme. Fort des condamnations du concile, Martin Ier entreprit de rallier contre le monothélisme les églises d’Orient et d’Occident. Le 17 juin 653, l’exarque de Ravenne fit arrêter le Pape par la police impériale dans la basilique du Latran. Il fut amené par voie d’eau à Ostie et embarqué pour Constantinople. Au terme d’un voyage au cours duquel, atteint de goutte, il fut laissé sans soins, fort peu nourri, et empêché de se laver, Martin Ier fut débarqué sur un grabat et endura les insultes de la populace rassemblée et payée à cet effet (17 septembre 653). Accusé d’élection illégale et d’hérésie, il fut gardé au secret dans la prison Prandiara pendant quatre-vingt-treize jours, puis il subit un simulacre de jugement (20 décembre 653) et fut finalement condamné à mort. On le dépouilla publiquement de ses vêtements sacerdotaux en les déchirant. Puis, une lourde chaîne autour du cou, il fut traîné dans toute la ville, alors qu’il pouvait à peine marcher, puis enfermé à la prison Diomède ; il s’écorcha les jambes aux degrés du sinistre logis. Malgré la sollicitude de deux femmes qui avaient les clefs de la prison, Martin Ier, transi de froid, perdit l’usage de la parole mais put écrire un mémoire à ses fidèles. Le patriarche orthodoxe Paul II de Constantinople obtint que l’Empereur commuât sa peine en déportation à vie. En avril 654, Martin Ier fut envoyé clandestinement à Cherson, en Crimée, où, brisé par une détention cruelle, il mourut de faim le 13 avril 656.

Il a décrit, dans deux lettres émouvantes rédigées peu avant sa mort, son délaissement, privé de toute consolation.

L’essentiel de Saint Martin (pape) :

Martin Ier convoqua à la basilique du Latran à Rome un concile qui réunit cent cinq évêques du 5 au 31 octobre 649 ; il y condamne le Typos et le monothélisme et définit deux volontés et énergies « naturelles » ; il s’insurge contre les tenants de la doctrine opposée : Théodore (ancien évêque de Pharan), Cyrus d’Alexandrie, Sergius de Constantinople, Pyrrhus et ses successeurs ; il consacre l’expression traditionnelle du IVe siècle : « Marie est toujours vierge » (Aieiparthenos). Comme chef suprême de l’Église, le pape Martin Ier a condamné l’hérésie, s’attirant la haine de l’empereur. Il ne s’écarta jamais du droit chemin, bien qu’il ait dû subir outrages, emprisonnement, bannissement et mort. C’est un bel exemple de la fidélité apostolique dans l’accomplissement des devoirs d’état. Nous pouvons aussi, dans une modeste mesure, être martyrs de notre devoir d’état.

Pensée spirituelle de Martin (pape) :

« Réjouissez-vous quand vous avez part aux souffrances du Christ. »

Courte prière de Saint Martin (pape) :

« Mes épreuves vont-elles continuer ? Aurai-je un peu de repos ? Comme il plaira au Seigneur ! Il est proche, le Seigneur, que craindrai-je ? Que, de sa puissante main, Dieu vous garde de toute tentation ! » (Lettre à ses amis). 

Gaëtan de Salvatore-R
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Image : Saint Martin – pape (icône grecque traditionnelle).