O Toi, l’au-delà de tout… de tous les êtres, tu es la fin….

Comme disait Héraclite : « Tout coule (ou s’écoule), rien ne demeure. On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve ». Oui, le temps passe ; il suit irrésistiblement son cours. Rien ne peut l’arrêter !

Plus les jours, les semaines, les mois passent, plus une question brûlante d’actualité est sur toutes les lèvres, ou presque, et elle prend de l’ampleur. Face à cette problématique, les réactions, les postures sont, on ne peut plus, diverses et variées.

Certains pensent que tout ce qui est demeuré caché depuis des décennies et qui, aujourd’hui, sur la place publique sonne la fin de l’Eglise.

D’autres  – et même à l’intérieur de l’Eglise – sont convaincus que toutes ces horreurs s’inscrivent dans le mouvement universel du monde tendu vers sa propre finalité : la glorieuse manifestation de Celui qui est l’au-delà de tout.

D’autres encore, affirment avec force que le Diable « notre Adversaire », conscient que ses jours sont plus que jamais comptés, s’agite et s’acharne contre le corps mystique du Christ.

Pour ma part, tout ce qui nous arrive est l’expression d’une grâce inouie. « Tout est grâce ! » disait Thérèse de Lisieux.

C’est la grâce d’une purification (catharsis). Pour être soulagé d’un abcès, la nécessité de le crever s’impose !

C’est la grâce de l’humiliation qui conduit l’Eglise à une véritable humilité. Et l’Eglise que nous aimons de toute notre âme a besoin de passer par ce chemin de croix, pour prendre conscience qu’elle doit être humble, pauvre, faible et fragile, afin que la puissance de son Maître, le Christ, habite fortement en elle. De même que le suc de la fleur attire l’abeille, de même, l’humilité (la pauvreté) attire la Grandeur (la Richesse) de Dieu.

C’est la grâce de la Passion du corps mystique du Christ qui culmine dans la lumière de la Résurrection. Il y a eu, certes la Passion du Jésus historique, c’est maintenant celle de son corps mystique.

Quels que soient les péchés de ses membres, l’Eglise est initialement traversée par un mystère essentiel qui la dépasse : le mystère pascal, le mystère de la mort et de la Résurrection du Christ, l’au-delà de tout…

 

Bonne fête de Pâques à l’Univers tout entier !

Père Gilbert DAMPATY