Saint Léon le Grand,

Pape et docteur de l’Église  (Fête le 10 novembre)

 Témoin de l’ère patristique dans la décadence romaine où, pendant vingt-et-un ans, il affronte victorieusement les nouveaux maîtres, les Barbares, le quarante-cinquième évêque de Rome, quarante-troisième saint pape, est le premier à porter le nom de Léon et le premier dont nous conservons les œuvres complètes qui lui valent d’être le premier pape à porter le titre de docteur de l’Eglise (proclamé en 1754 par Benoît XIV).

Il est aussi le premier pape à être enseveli au Vatican :

« L’ancienne Église, écrivait le savant Batiffol, n’a pas connu de pape

plus complet ni de plus grand. » Il pourfend les hérétiques, prêche à temps et à contretemps, avec simplicité et profondeur, dignité et tendresse. Il déploie un immense courage quand il affronte les Huns et les Vandales. Faiseur de paix, appliqué à son métier de pape, ce conducteur d’hommes sacrifie sa vie privée à sa vie publique : « Nous devons courir la route qui n’est autre que Jésus en personne. »

Fils de Quintanius, certains le supposent toscan, tandis que d’autres, s’appuyant sur une de ses lettres à Pulchérie (épître XXXI) le disent romain. De ses premières années, nous ne savons rien de sûr, sinon la belle résultante d’une bonne éducation classique. On le rencontre en 418, déjà l’acolyte, utilisé comme vaguemestre du pape Zosime qui le distingue pour son humanisme solide, sa connaissance approfondie des sciences ecclésiastiques et sa séduisante éloquence ordonnée. Ordonné diacre par le pape Célestin, il est nommé archidiacre de Rome (432) et bientôt chargé de mission à l’époque où Cassien lui dédie son « traité contre les Nestoriens ». C’est grâce à lui que le pape Sixte III déjoue les arguties de Julien d’ Éclane (439) qui soutient les Pélagiens. En 440, il  est désigné comme médiateur dans le litige qui oppose, en Gaule, le général Ætius au seigneur Albinus. Lorsque meurt Sixte III (19 août 440), Léon est rappelé d’urgence à Rome où il est élu à la succession de Pierre (29 septembre 440). Chef prudent et sage, homme de doctrine et de discipline, porteur de paix et d’amour, il s’entoure de conseillers avisés, choisis parmi les spécialistes des grandes questions comme le moine Prosper d’Aquitaine, polémiste vigoureux contre Cassien et Vincent de Lérins, et viscéralement antipélagien.

Un épisode de la vie de Léon est resté particulièrement célèbre : en 452, alors qu’il se trouve à Mantoue, accompagné d’une délégation romaine, il rencontre Attila, roi des Huns, et le dissuade de poursuivre sa guerre d’invasion qui avait déjà dévasté le nord-est de l’Italie. Il sauve ainsi le reste de la Péninsule. Cet important événement devient rapidement le signe emblématique de l’action menée par le Pontife. Cependant, il ne peut empêcher le sac de Rome par les Vandales en 455. Dans cet Occident démoralisé, il reste le seul et vrai recours moral. Léon meurt le 10 novembre 461 ; on l’inhume dans la basilique Saint-Pierre.

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L’essentiel de saint Léon : 

Dans ses homélies, en style elliptique, il commente l’année liturgique en formules lapidaires.

On cite comme exemple de beau latin et de commentaire intériorisé, son fameux sermon sur

Noël : « Aujourd’hui, frères bien-aimés, Notre Seigneur est né. Réjouissons-nous ! Nulle tristesse n’est de mise, le jour où l’on célèbre : naissance de la vie, abolition de la peur causée par la mort, éternité promise… Le Verbe divin, Dieu lui-même, s’est fait homme pour délivrer l’homme de la mort éternelle. Pour ce faire, il s’est abaissé jusqu’à nous, mais sans rien perdre de sa majesté. Il est devenu ce qu’il n’était pas, tout en demeurant tout ce qu’il était. Il unit donc la forme de l’esclave à la forme dans laquelle il est égal à Dieu le Père. De la sorte, il a lié entre elles deux natures, de telle façon qu’il n’a pas détruit la nature inférieure par sa glorification et n’a pas amoindri la nature supérieure par l’addition de l’autre. » À travers même la traduction, les plus délicats détectent et apprécient les procédés rhétoriques : parallèles et antithèses, assonances et clausules… Il en est de même du célèbre sermon sur la Passion : « La glorieuse passion de Notre Seigneur, apparaît spécialement admirable par son mystère d’humilité… En effet, la toute-puissance du Fils de Dieu, source de son égalité avec le Père dans l’unité d’essence, aurait pu soustraire le genre humain à l’esclavage du diable par le seul commandement de sa volonté. Mais il était pleinement conforme aux œuvres divines que l’hostilité et la malignité de l’ennemi fussent vaincues par cela même qu’elles avaient vaincu, que la liberté fût restaurée par la nature même qui nous avait tous jetés dans l’esclavage… Dans cette union entre la créature et son créateur, rien ne manqua à la nature divine, rien d’humain ne manque à celle qu’il assumait. »

 

Pensée spirituelle de saint Léon :

« Reconnais, ô chrétien, ta dignité. Tu participes à la nature divine, ne retourne donc pas à ton ancienne souillure par une manière de vivre indigne de ta race…Tu as été transféré dans le royaume de lumière qui est celui de Dieu. »

  

Courte prière à saint Léon :

«Tu as tout attiré à Toi, Seigneur, car ta Croix est la Source de toutes les Bénédictions »

 

Gaëtan de Salvatore