Le mois de novembre nous invite à regarder ce vers quoi notre vie terrestre nous oriente. Est-ce la vie en Dieu, avec la gloire des Saints que nous célébrions le 1er du mois ? Est- ce la nécessaire prière qui devra nous soutenir au moment de passer la mort car nous n’aurons pas été fidèles à l’amour que Dieu nous a confié pendant notre vie terrestre ? Si nous prions pour les fidèles défunts, c’est bien pour leur offrir un surcroit de grâce, riche des liens d’amour que nous avons tissés avec eux, pour qu’ils entrent dans l’éternité bienheureuse. C’est pour cela que nous fleurissons nos cimetières, pour réaffirmer notre confiance en la vie éternelle, que l’Église nous permet d’accueillir dans la Foi. Oui, la grâce du baptême nous invite à vivre déjà, ici, des réalités éternelles… à vivre différemment de ceux pour qui l’espoir s’arrête avec leur décrépitude matérielle. C’est le spleen et la déprime de l’automne pour certains adorateurs de la citrouille… Pour le chrétien, au contraire, c’est la joie dans les merveilleuses couleurs de l’automne, où la création se met en attente, pour mieux éclore au printemps, comme l’attente de la résurrection finale dans la pâque éternelle. Où notre vie terrestre passe, mais vers un but ! Novembre sera aussi la fin de notre année liturgique où nous pourrons nous interroger le dernier dimanche pour savoir si nous avons vraiment laissé régner le Christ dans nos vies ? Si nous voulons que notre société contemporaine soit éclairée de sa lumière. Lumière de la foi, qui en évangélisant la Gaule depuis des siècles a construit notre nation, lui donnant sa colonne vertébrale. Certains, cette année, ont accepté de faire l’expérience d’offrir plus de temps à Dieu dans l’engagement de l’adoration perpétuelle, merci à eux d’avoir répondu à cette appel !  Car, pour que l’amour du  Christ règne dans la société, il doit d’abord régner dans les cœurs et cela nécessite un vrai engagement, l’humilité de la prière, la fidélité dans la communauté… j’espère que l’année pastorale qui se termine en ces jours d’automne aura permis à chacun de se poser la question de la place de l’eucharistie, de l’adoration dans sa vie.

En ce mois de novembre, nous serons invités à nous réapproprier la prière du Notre Père. En effet, à compter du 1er décembre, la conférence Episcopale Française (CEF) impose dans la liturgie la nouvelle formulation de la fin de cette prière. Ainsi je vous invite à commencer à la dire chez vous, à l’aide des petits feuillets disponibles les dimanches. Et pour nous déshabituer de l’ancienne formulation française, j’ai souhaité qu’en novembre, dans nos assemblées, nous le récitions ou chantions en latin. Cela nous permettra pour certains de réviser et pour la majorité de l’apprendre, car reconnaissons, qu’ici à Gap, nous n’appliquons pas le concile Vatican II, qui nous demande toujours de connaître les prières communes de la liturgie dans la langue de l’Église (sacrosanctum concilium, §36). Puissent les deux mois à venir permettre à chacun de se réapproprier la prière que Jésus nous a laissé, par une attention renouvelée, pour ne pas « rabâcher comme les païens » (Mt 6,7)… en français ou en latin !!!

C’est en musique, le dimanche du Christ Roi qui rassemblera les musiciens de la ville le 26 novembre, que notre évêque accueillera les jeunes qui se lancent dans l’aventure de la maitrise de la cathédrale. Prions pour que le Seigneur fasse grandir ce projet pour que nous offrions une formation musicale, humaine et spirituelle de qualité à ceux qui porteront demain le souci de la beauté de la musique liturgique.

Que Dieu vous comble de bénédiction, pour que chacun là où il est, témoigne de l’espérance chrétienne, qui nous fait regarder sans peur au delà de la mort. Confions nos contemporains sans espérance à la miséricorde de Dieu.

P Sébastien Dubois, curé doyen